European Open Digital Ecosystem : un premier pas vers une stratégie européenne ?
Le 6 janvier 2026, la Commission européenne a lancé un Call for Evidence (appel à commentaires), première brique d’une future stratégie européenne open source baptisée European Open Digital Ecosystem. Cette initiative s’inscrit dans un contexte de dépendance technologique de plus en plus préoccupant vis-à-vis de solutions logicielles et de services cloud non européens.
Pourquoi l’open source est devenu un enjeu clé de souveraineté technologique ?
Le projet European Open Digital Ecosystem, appelé à compléter le Cloud and AI Development Act, vise à rééquilibrer un modèle aujourd’hui dominé par des acteurs extra-européens, alors même que l’Union européenne dispose de l’un des écosystèmes de développeurs open source les plus dynamiques au monde.
L’enjeu dépasse largement la technique. Il touche à la souveraineté numérique, à la capacité d’innovation et à la résilience économique de l’Europe, notamment dans des secteurs critiques comme l’intelligence artificielle, le cloud ou la cybersécurité.
Réduire la dépendance technologique grâce à l’open source
Le contexte géopolitique actuel renforce ces préoccupations. Le retour de Trump sur la scène politique américaine souligne encore la fragilité de la dépendance européenne aux technologies américaines.
La domination technologique peut devenir un levier de pression stratégique pour Washington, susceptible de perturber l’accès à des outils essentiels pour les entreprises et les administrations européennes. Face à cette réalité, l’open source apparaît comme une solution crédible pour sécuriser les infrastructures numériques et garantir l’autonomie technologique de l’Europe.
En soutenant le développement de solutions ouvertes, l’Europ peut renforcer sa souveraineté numérique et réduire les risques liés à cette dépendance.
Souveraineté numérique : le rôle central des écosystèmes open source européens
La consultation publique, ouverte jusqu’au 3 février 2026, s’adresse aux développeurs, entreprises, administrations publiques, institutions de recherche et fondations. Elle vise à recueillir leurs retours d’expérience afin d’identifier plus précisément les freins et les leviers à l’adoption de l’open source en Europe.
Le document de la Commission structure les échanges autour de cinq axes prioritaires :
- La valorisation de solutions open source européennes, de qualité et sécurisées ;
- L’amélioration de leur déploiement, de leur ergonomie et de la chaîne d’approvisionnement logicielle ;
- Le soutien aux entreprises, fondations et partenariats public-privé ;
- L’encouragement de l’adoption et de la contribution du secteur public et des grandes industries ;
- L’intégration au marché et l’harmonisation des politiques entre États membres.
L’open source comme levier économique de la souveraineté numérique
La consultation suscite déjà un fort engouement, avec près de 800 contributions, à consulter ici, au moment de la rédaction de cet article. Cet intérêt massif semble marquer un changement de cap assumé : l’open source n’est plus seulement perçu comme un bien commun technique, mais comme un levier économique et stratégique au service de la souveraineté numérique européenne.
Par ailleurs, les entreprises du numérique libre en Europe s'organisent depuis quelques années via l'APELL. Par son intermédiaire les entreprises de l'open source en Europe font du lobbying directement à Bruxelles. L'association des entreprises de l'open source en Suisse, CH Open a d'ailleurs rejoint l'APELL en ce début d'année pour renforcer cette présence.
Le choix de l’open source chez why! : une approche concrète
L’approche de why! illustre de manière opérationnelle les bénéfices de l’open source. En s’appuyant sur Ubuntu, basé sur GNU/Linux, nous avons fait le choix d’un système libre, gratuit et personnalisable, compatible avec la majorité des matériels.
L’utilisateur conserve ainsi la maîtrise de son environnement numérique, sans verrou technologique. Le recours à Ubuntu LTS, maintenu pendant cinq ans, permet d’éviter l’obsolescence imposée par les grands éditeurs et garantit une stabilité à long terme. Les logiciels libres préinstallés sur les ordinateurs why! couvrent l’essentiel des usages, tandis qu’une large logithèque donne accès à des milliers d’applications open source.
Ce positionnement conjugue liberté, simplicité et économies durables. Chez why!, l’open source n’est pas une alternative par défaut, mais un choix stratégique, à la fois économique, écologique et pleinement aligné avec les objectifs de souveraineté numérique.
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